
L’Algérie a exprimé, jeudi, sa « profonde désapprobation » de la décision de la France d’apporter son soutien au plan d’autonomie proposé par le Maroc pour le Sahara occidental.
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« Le Gouvernement algérien a pris connaissance avec un grand regret et une profonde désapprobation de la décision inattendue, inopportune et contre-productive du gouvernement français apportant un soutien sans équivoque et sans nuance au plan d’autonomie sur le Sahara Occidental dans le cadre de la souveraineté marocaine », a indiqué le ministère des Affaires étrangères algérien dans un communiqué.
La réponse est loin d’être évidente à la lecture du communiqué diffusé jeudi 25 juillet par le ministère algérien des affaires étrangères exprimant « le grand regret et la désapprobation profonde » d’Alger face à une évolution attendue de la position française sur le Sahara occidental.
Depuis 2007, la France « soutient » le plan d’autonomie de ce territoire, mis sur la table par le roi Mohammed VI, mais sans valider expressément sa « marocanité », comme le réclame le royaume chérifien, afin de tenir compte des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies qui vouent toujours – en tout cas sur le papier – le Sahara occidental à « l’autodétermination ». Un recalibrage de la doctrine française sur le sujet est toutefois dans l’air du temps.
Recourant à une menace voilée, le gouvernement algérien affirme qu’il « tirera toutes les conséquences qui découlent de cette décision française et dont le gouvernement français assume seul la pleine et entière responsabilité ».
Cependant la réaction de la diplomatie algérienne qui monte au créneau, a tout l’air de signifier qu’elle exprimé la peur d’une reconnaissance franche de la marocanité du Sahara de la part de la France. Autrement dit, cette communication servirait en quelques sortes, à menacer Paris, comme Alger l’avait fait avec Madrid, sans
Pour le ministère algérien, « la décision française relève manifestement d’un calcul politique douteux, d’un apriori moralement contestable et de lectures juridiques que rien ne conforte et rien ne justifie ».
De son côté, le Quai d’Orsay refuse à ce stade de communiquer sur le sujet. Rabat également, mais la presse marocaine se félicite déjà ostensiblement d’une évolution qu’elle interprète à sa manière. « La France appuie la marocanité du Sahara, Alger fulmine », applaudit le journal en ligne Hespress, proche du palais.




