ActualitéPolitique

Dr Sandra Ablamba Johnson : « Pour la période 2026-2031, la nouvelle feuille de route gouvernementale reposera sur trois piliers stratégiques annoncés par le Président du Conseil lors de son adresse au Parlement en décembre 2025 : Protéger, Rassembler, Transformer.»

Après l’exécution de la feuille de route gouvernementale 2020-2025, l’heure est désormais à la projection, à la concertation et à la construction collective d’une vision nationale renouvelée. À Lomé, le gouvernement a officiellement lancé mardi les consultations préparatoires à l’élaboration de la nouvelle feuille de route 2026-2031, dans une dynamique résolument participative voulue par le Président du Conseil, Faure Gnassingbé. Plus qu’un simple exercice administratif, cette initiative se présente comme un vaste laboratoire d’idées où institutions, partenaires techniques et financiers, secteur privé, société civile et populations sont appelées à conjuguer leurs intelligences pour dessiner le Togo des six prochaines années. Une démarche qui place l’écoute, l’inclusion et la co-construction au cœur de l’action publique. Avant d’ouvrir ce nouveau chapitre, le gouvernement a pris le temps de revisiter le précédent. À cette occasion, la ministre, secrétaire générale de la Présidence du Conseil, Sandra Ablamba Johnson, a dressé un bilan qu’elle qualifie de solide, malgré une conjoncture internationale particulièrement tourmentée. Pandémie de Covid-19, guerre en Ukraine, tensions géopolitiques au Moyen-Orient, crise sécuritaire persistante au Sahel… autant de secousses mondiales qui auraient pu freiner l’élan national. Pourtant, le Togo a choisi de transformer les vents contraires en moteur de résilience. Avec une croissance moyenne avoisinant les 6 % sur la période 2020-2025, l’économie togolaise a maintenu son cap. Le Produit intérieur brut atteint désormais 6 919 milliards de francs CFA en 2025, tandis que le PIB par habitant franchit la barre symbolique des 1 350 dollars. Autre indicateur salué : une inflation maîtrisée à 0,4 %, bien en dessous du seuil communautaire fixé par l’UEMOA. Mais au-delà des chiffres, c’est le visage social du pays qui semble progressivement changer de relief. Le Togo est passé de la catégorie des pays à Indice de Développement Humain faible à celle des pays à IDH moyen, signe d’une amélioration progressive des conditions de vie et des politiques sociales. L’Assurance maladie universelle couvre aujourd’hui plus de 4,4 millions de personnes, tandis que le taux d’accès à l’électricité dépasse les 75 %, éclairant davantage les foyers comme les perspectives. Quant au Fonds national de la finance inclusive (FNFI), il continue d’incarner une passerelle vers l’autonomisation économique, avec plus de 118 milliards de francs CFA de crédits accordés à près de 1,9 million de bénéficiaires, majoritairement des femmes. Une finance qui ne se contente plus de compter, mais qui entend désormais inclure. Pour la période 2026-2031, la nouvelle feuille de route gouvernementale reposera sur trois piliers stratégiques annoncés par Faure Gnassingbé lors de son adresse au Parlement en décembre 2025 : Protéger, Rassembler, Transformer. Protéger, d’abord. Dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires grandissants, le Togo entend consolider la paix, renforcer sa résilience et préserver la stabilité nationale comme socle indispensable au développement. Rassembler, ensuite. Car aucun projet national ne peut prospérer dans la fragmentation. La cohésion sociale, l’inclusion citoyenne et le leadership républicain apparaissent ainsi comme des priorités cardinales d’une gouvernance qui veut rapprocher davantage l’État des populations. Transformer, enfin. Transformer l’économie, les infrastructures, les opportunités, mais aussi les mentalités. L’objectif affiché est clair : bâtir une économie plus compétitive, plus inclusive et capable d’affronter les défis du XXIe siècle avec audace et innovation. Trois verbes d’action comme trois promesses d’avenir. Trois axes qui traduisent une volonté : faire du Togo non seulement un pays résilient, mais également un État stratège tourné vers la modernité.
Une feuille de route écrite avec les Togolais
La singularité de cette démarche réside surtout dans sa méthode. Ici, il ne s’agit pas d’un programme conçu dans le silence des bureaux avant d’être imposé aux populations. Le gouvernement veut faire de cette feuille de route une œuvre collective, nourrie des réalités du terrain et des aspirations citoyennes. Dans son discours du 27 avril dernier, Faure Gnassingbé l’avait d’ailleurs souligné avec insistance : « Cette stratégie ne peut réussir que si elle vous appartient à tous. »
Un appel à l’appropriation nationale qui prend aujourd’hui corps à travers une série de consultations prévues dans les cinq régions du pays.
Après les échanges avec les partenaires techniques et financiers à Lomé, le gouvernement entend désormais tendre l’oreille aux collectivités, aux entrepreneurs, aux jeunes, aux femmes, aux acteurs sociaux et aux forces vives de la nation. Le pari est clair : transformer la participation en moteur de gouvernance et faire de l’inclusion non pas un slogan, mais une méthode de construction nationale. Entre ambitions économiques, impératifs sociaux et exigences sécuritaires, le Togo esquisse ainsi les contours d’une nouvelle étape de son développement. Une étape où l’État veut conjuguer vision et proximité, croissance et solidarité, modernité et cohésion.
Gilles  OBLASSE

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page