
Une table ronde de haut niveau s’est tenue le 23 octobre 2026 à Lomé, à l’initiative du ministère des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’enfance. L’objectif est de renforcer les ressources dédiées à l’alphabétisation et à l’éducation non formelle (AENF) afin de soutenir les populations non scolarisées.
Un enjeu crucial pour l’inclusion sociale
• Un droit fondamental : L’alphabétisation va au-delà de la lecture et du calcul ; elle favorise l’employabilité, la citoyenneté active et la réduction des inégalités.
La rencontre vise à encourager les partenaires à soutenir la mise en œuvre de la Stratégie nationale d’alphabétisation et d’éducation non formelle 2024-2028. Les participants ont examiné les difficultés du secteur, les priorités d’action et les besoins de financement. Deux projets ont été présentés : le Projet d’appui à l’alphabétisation des jeunes et adultes des groupes organisés (PAJAGO) et le Projet d’appui à l’éducation non formelle
• Un constat alarmant : Selon le RGPH de 2022, le Togo compte 1 363 389 personnes analphabètes, dont 141 757 enfants de 9 à 14 ans exclus du système formel.
• Un faible taux d’enrôlement : Entre 2020 et 2025, seulement 33,4 % des apprenants concernés ont pu intégrer des programmes non formels par manque de moyens.

Les discussions ont mis en avant le rôle clé de l’alphabétisation et de l’éducation non formelle pour bâtir un système éducatif inclusif au Togo. En ciblant les personnes non scolarisées ou en décrochage, ces dispositifs permettent d’acquérir les compétences de base — lecture, écriture et calcul — indispensables à leur insertion sociale et économique.
« La présente table ronde intervient dans un contexte où les enjeux liés à l’apprentissage, au développement des compétences et à l’inclusion socio-économique sont particulièrement déterminants pour l’avenir de nos sociétés. Elle constitue une occasion de porter la cause de l’alphabétisation au plus haut niveau, d’examiner les défis persistants, de partager les bonnes pratiques, d’identifier des stratégies innovantes et de bâtir des partenariats durables susceptibles d’accroître les ressources consacrées à ce sous-secteur essentiel », a déclaré le directeur de cabinet du ministère des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’enfance, Dr Pyabalo Mazama-Esso Minza.
Les chiffres critiques du financement
• Objectifs non atteints : Pour la période 2024-2025, la Stratégie nationale d’alphabétisation et d’éducation non formelle prévoyait un budget de 4 milliards de FCFA, mais seulement 403 millions de FCFA ont été mobilisés.
• Taux de réalisation faibles : En 2024, à peine 10,93 % des fonds prévus ont été obtenus, et seulement 8,76 % en 2025.
• Causes identifiées : Une faible prise en compte de l’AENF dans les budgets des communes et des secteurs public/privé, couplée à un manque d’infrastructures.
Perspectives et recommandations
• Actualisation de la stratégie : Le pays mise sur la Stratégie nationale 2024-2028 pour redynamiser le sous-secteur et viser l’émancipation globale des communautés.
• Pistes d’action : Les participants ont recommandé d’intensifier le plaidoyer auprès des partenaires techniques et financiers et d’explorer des mécanismes de financement alternatifs
Gilles OBLASSE




