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COSO, l’empreinte de l’invisible 2026 : Au-delà de la pierre, la force des communautés

On les voit s’élever au détour d’un carrefour, dans un village de la région des Savanes ou au cœur de la Kara : un nouveau marché, un forage hydraulique, un bâtiment scolaire ou un centre de soins. Ces infrastructures concrètes changent le paysage quotidien des populations du nord du Togo.
Pourtant, réduire le projet COSO (Projet de cohésion sociale des régions nord du Golfe de Guinée) à ses seules réalisations matérielles serait passer à côté de sa véritable transformation. Comme le résume si bien la formule « COSO, l’empreinte de l’invisible 2026 », le plus grand chantier mené sur le terrain ne se mesure pas seulement en sacs de ciment ou en mètres cubes d’eau, mais en capital humain et social.

AVIS D’EXPERT

Il est essentiel de veiller à la pérennité des investissements réalisés, en s’assurant que les mécanismes d’entretien mis en place restent pleinement fonctionnels et appropries aux besoins des communautés. Le renforcement continu des capacités locales demeure également une priorité, afin de garantir une gestion autonome, efficace et durable des infrastructures et des acquis du projet.
Par ailleurs, la participation des communautés doit être davantage consolidée, notamment à travers l’ancrage institutionnel de l’approche de Développement conduit par les communautés (DCC), qui constitue un levier important pour la gouvernance locale et l’appropriation des actions menées.
Enfin, les effets économiques, sociaux et environnementaux du projet appellent un suivi attentif et adapté. Il sera particulièrement important d’évaluer les progrès en matiere d’amélioration des revenus, de création d’emplois, de renforcement de la cohésion sociale et d’amélioration de la gouvernance locale, afin d’assurer que les résultats obtenus profitent durablement aux populations a souligné  Mme Suzan Wong, TTL régionale du projet
COSO, Banque mondiale

Une démarche ancrée dans le pouvoir d’agir local

Exécuté au Togo par l’Agence nationale d’appui à la base (ANADEB) avec le concours du Gouvernement togolais et du Groupe de la Banque mondiale, le projet COSO repose sur une approche de développement conduit par les communautés (DCC).
Ici, pas de décisions imposées d’en haut. Ce sont les habitants des cantons frontaliers — hommes, jeunes et une place de plus en plus prépondérante accordée aux femmes — qui identifient leurs priorités, planifient les investissements et gèrent eux-mêmes les infrastructures.
« Les infrastructures sont la partie visible du changement. Le véritable héritage du projet COSO réside dans des communautés capables de décider ensemble, d’entreprendre ensemble et de préserver ensemble leur patrimoine ».

Investir dans la paix et la résilience

Dans des zones septentrionales confrontées à des défis sécuritaires et socio-économiques complexes, cette méthode horizontale agit comme un ciment social. En apprenant à dialoguer, à arbitrer collectivement les besoins et à porter des projets communs, les villageois tissent un nouveau pacte de confiance.
Les coopératives féminines qui prennent les rênes d’activités génératrices de revenus, les jeunes formés et insérés à travers les sous-projets communautaires, et les comités de gestion locaux démontrent une certitude : la résilience d’un territoire se fabrique par la base.
En accompagnant cette dynamique, l’État togolais et ses partenaires ne livrent pas seulement des ouvrages : ils sèment les graines d’une paix durable et d’un ancrage citoyen qui survivront largement au calendrier du projet. L’empreinte est là, invisible mais indélébile, gravée dans la maturité retrouvée des communautés locales.

Gilles  OBLASSE

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